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Entreprendre en parallèle de sa carrière salariée : les pièges à éviter

Par Maxime
5 minutes

Pourquoi lancer un projet entrepreneurial tout en restant salarié séduit autant ?


Jamais l’envie d’entreprendre n’a été aussi forte, même chez ceux qui sont déjà en poste. Que ce soit pour développer une nouvelle activité, explorer une passion ou tester un concept, de plus en plus de salariés choisissent de créer leur entreprise « à côté ».
Souplesse du web, multiplicité des statuts (micro-entrepreneur, SASU, portage…), aspiration à plus d’autonomie : les raisons de se lancer sont nombreuses. Ce choix apparait rassurant : garder un pied dans le salariat pour la sécurité du revenu, tout en essayant de concrétiser un projet personnel.
Mais cette ambition « hybride » n’est pas sans écueils. De nombreux porteurs de projet se heurtent à des difficultés inattendues, notamment sur la gestion de l’énergie, la légalité ou encore la crédibilité face à leurs deux univers professionnels. Alors, comment anticiper les principaux pièges ? Quels conseils pour éviter de voir son rêve d’entrepreneuriat tourner court ou créer des tensions avec son employeur ?


Bien relire (et comprendre) son contrat de travail


Avant toute chose, il est impératif de consulter en détail son contrat de travail.
Certaines clauses, parfois méconnues, peuvent limiter (voire interdire) le cumul d’activités :

  • Clause d’exclusivité : elle interdit en principe d’exercer une autre activité rémunérée pendant le contrat. Elle n’est licite que pour certains postes, mais reste courante dans les métiers sensibles.
  • Clause de non-concurrence : elle interdit de créer ou rejoindre une activité qui viendrait en concurrence directe, même après le départ de l’entreprise.
  • Obligation de loyauté : que la clause figure ou non explicitement, un employé doit éviter tout comportement nuisant à l’employeur (détournement de clients, usage des ressources de l’entreprise, atteinte à l’image, etc.).

En cas de doute, il est conseillé de demander l’avis d’un juriste, d’un syndicat ou d’un expert-comptable. Ne sous-estimez pas l’importance de la légalité : un écart peut se solder par un licenciement, voire des poursuites en cas de concurrence déloyale.


Gérer (vraiment) son temps : le grand défi de l’entrepreneur-salarié


L’aventure parait attrayante : mener de front son job, ses projets personnels, sa famille, ses loisirs… Mais la réalité du quotidien rattrape vite ceux qui sous-estiment la charge de travail. Les risques sont nombreux :

  • Épuisement et baisse de régime au travail comme dans l’aventure entrepreneuriale
  • Procrastination du projet à force d’être toujours « trop pris »
  • Frustration (manque de temps libre, sentiment de ne jamais avancer « sérieusement »)

La clé ? Mettre en place une organisation militaire (ou presque). Définir des plages horaires dédiées, s’auto-imposer des deadlines, pratiquer la priorisation (outils simples comme la matrice Eisenhower ou les « to-do lists » ciblées).
S’autoriser aussi des temps de pause, au risque sinon de tout sacrifier à la rentabilité : santé, humeur, vie sociale…


Éviter le piège du projet « flou » ou sous-estimé


Qui n’a pas rêvé de transformer son talent (écriture, coaching, artisanat, numérique…) en activité rémunérée ? Trop souvent, l’étape de validation du modèle économique passe à la trappe parce que l’on veut agir vite, « en side ».
Pourtant, chaque projet gagne à être challengé :

  • Étude de marché même succincte, pour vérifier que l’idée répond à un besoin et que la clientèle existe réellement ;
  • Pilotage budgétaire : quels sont les frais incontournables, le chiffre d’affaires minimal, le seuil de rentabilité ?
  • Anticipation du mode d’exercice : par exemple, un salarié de bureau n’aura pas la même disponibilité pour des prestations sur site qu’un travailleur en horaires décalés.

Mieux vaut valider que son projet tienne la route avant d’en parler largement à son entourage ou de faire des investissements importants.


Ne pas négliger les obligations administratives


Créer une micro-entreprise ou se lancer en indépendant, même avec quelques missions à côté de son travail salarié, c’est gérer des démarches supplémentaires :

  • Déclaration d’activité (Urssaf), choix du statut juridique
  • Inscription au répertoire SIRENE
  • Comptabilité (même simplifiée)
  • Paiement des cotisations sociales et fiscales (risque d’oublier de provisionner dans l’enthousiasme des premiers contrats)

Certains cumuls sont aussi limités (par exemple, si vous êtes fonctionnaire ou exerçant sur certains métiers réglementés), ou soumis à autorisation.


Savoir communiquer et protéger sa confidentialité


Doit-on parler de son activité annexe à son employeur au risque d’éveiller des suspicions ou de subir des incompréhensions ?
Il n’existe pas de règle unique, mais quelques bonnes pratiques s’imposent :

  • Ne jamais communiquer depuis l’adresse mail professionnelle ou utiliser les ressources de son entreprise principale.
  • Protéger parfois sa confidentialité (par exemple, si l’on souhaite tester une idée sans perturber sa position en interne).
  • Rester transparent avec les collègues si le projet ne concurrence pas l’activité de l’entreprise, notamment pour éviter tout malentendu ou conflit d’intérêt potentiel.

Anticiper aussi le moment où l’activité secondaire prendra de l’ampleur : une transition mal préparée peut nuire à votre réputation ou semer la confusion auprès de vos clients ou partenaires.


Gérer le risque de dispersion et de conflit de valeurs


Entreprendre, c’est assumer plus de responsabilités, jongler entre plusieurs casquettes, risquer parfois la surcharge mentale.
Deux des dangers majeurs sont souvent sous-estimés :

  • La dispersion : à vouloir trop bien faire (salariat irréprochable, client freelance exigeant, projet personnel chronophage), on multiplie les sollicitations et on finit par ne plus progresser sur aucun front.
  • Le conflit de valeurs : travailler dans deux univers très différents peut créer des tiraillements (loyauté, éthique, fatigue de devoir « changer de rôle » chacune ou chaque semaine).

Il est important de questionner votre motivation profonde et de fixer des limites. Tout le monde ne supporte pas durablement ce double engagement, et ce n’est pas grave : l’essentiel est d’expérimenter, tester vos options, et si besoin réajuster.


Anticiper la réussite (ou l’échec) de son activité entrepreneuriale


Le but n’est pas de rester indéfiniment dans un entre-deux, mais d’évaluer au fil de l’expérience si l’activité peut (ou non) devenir le cœur de votre projet professionnel.
Certaines questions doivent être posées régulièrement :

  • À partir de quel niveau de chiffre d’affaires (ou d’épanouissement), serais-je prêt à délaisser (partiellement ou totalement) mon salariat ?
  • Suis-je vraiment prêt à perdre les avantages du statut salarié (sécurité, protection sociale, équipe…) ?
  • Quel serait mon « plan B » en cas de revers ou d’arrêt brutal du projet ?

L’entrepreneuriat « en parallèle » est un excellent laboratoire. Mais il ne remplace pas une réflexion approfondie sur vos attentes à moyen et long terme.


Quelques conseils clés pour réussir son aventure sans (trop) de stress


  • Prenez conseil auprès de réseaux d’accompagnement (Chambres de commerce, incubateurs, associations d’indépendants). Beaucoup proposent des ateliers, permanences ou mentorats adaptés au double statut.
  • Gardez une traçabilité parfaite (de vos missions, factures, contrats, échanges clients…) : cela vous protège en cas de contrôle fiscal comme en cas de litige professionnel.
  • Pensez formation continue : acquérir des compétences en gestion, droit, marketing digital : cela sécurise le projet et renforce la confiance en soi.
  • Sachez vous offrir de vrais temps de déconnexion (vacances, sport, famille) : l’envie et la créativité trouvent leurs forces dans l’équilibre, pas dans le surmenage.

« Entreprendre en gardant son emploi salarié, ce n’est pas tricher : c’est tester, apprendre, et parfois renoncer si le projet ne correspond pas à ses attentes profondes. Osez vous lancer, mais osez aussi ajuster la trajectoire sans culpabilité ni précipitation. »

Envie de creuser ces enjeux ou de découvrir les témoignages de salariés-entrepreneurs ? Parcourez nos dossiers « Changer de vie, tester un projet, trouver son mode d’emploi » sur formationconcrete.fr. Entreprendre à son rythme, c’est possible et c’est souvent le meilleur moyen de réussir sa transition, sans pression ni illusion.

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