Une expérience internationale pour booster son parcours
Partir faire ses études au-delà des frontières attire chaque année de plus en plus d’étudiants français. Que ce soit pour gagner en autonomie, découvrir une nouvelle culture, enrichir son CV ou se donner de nouvelles perspectives professionnelles, l’aventure de l’expatriation étudiante présente de nombreux atouts. Mais avant de prendre son billet d’avion, il s’agit de bien préparer son projet : quelles démarches entreprendre, comment choisir le bon programme, quelles sont les conditions d’admission, et comment faire reconnaître son diplôme à l’international ou obtenir l’équivalence en France ? Petit tour d’horizon des étapes clés pour réussir son parcours à l’étranger.
Choisir sa destination et son cursus : définir son projet
Tout projet d’études à l’étranger commence par une réflexion sur la destination et le cursus visé. Les critères à prendre en compte sont multiples : la langue d’enseignement, la qualité des établissements, le coût de la vie, le mode de vie, l’éloignement, ou encore les débouchés professionnels.
- Dans l’Union européenne : de nombreux programmes Erasmus+ existent, facilitant l’accueil des étudiants français dans une centaine de pays partenaires.
- Continent nord-américain : les États-Unis et le Canada proposent une offre riche, mais affichent une sélection exigeante et, souvent, des frais de scolarité élevés.
- Asie et Océanie : l’Australie, le Japon, la Corée du Sud ou Singapour séduisent par leur dynamisme, notamment dans des secteurs comme le numérique ou la recherche scientifique.
- Afrique ou Amérique latine : étudier dans ces régions offre l’opportunité de se démarquer par un parcours original et d’acquérir une vision mondiale des enjeux économiques, sociaux et culturels.
Pour chaque zone, renseignez-vous sur les établissements reconnus, les programmes francophones ou anglophones et les possibilités de double diplôme.
La candidature : anticiper les démarches administratives
L’organisation des études à l’international s’accompagne de démarches précises à respecter, qui varient selon le pays et le niveau d’études.
- Dossier académique : bulletins de notes (généralement des deux ou trois dernières années), diplôme le plus récent, lettre(s) de motivation, CV en anglais ou dans la langue du pays visé, parfois lettres de recommandation.
- Dossier linguistique : preuve de niveau de langue (TOEFL, IELTS, Cambridge pour l’anglais, ou tests équivalents pour l’allemand, l’espagnol, etc.). Certains établissements acceptent aussi des certifications françaises comme le DELF pour le français langue étrangère.
- Traductions : la plupart des universités étrangères demandent des documents académiques traduits par un traducteur assermenté.
- Dossier financier : certaines destinations exigent un justificatif de moyens suffisants pour subvenir à ses besoins (relevés bancaires, attestation de bourse, lettre d’engagement d’un tiers, etc.).
- Tests d’admission : pour des universités prestigieuses, il peut être demandé de passer des tests spécifiques (SAT, GRE, GMAT) et parfois de réussir un entretien oral à distance.
Le calendrier peut être avancé, notamment hors d’Europe : certaines candidatures se clôturent un an à l’avance. Il est donc conseillé de préparer son dossier le plus tôt possible.
Le casse-tête des équivalences de diplômes à l’international
L’un des grands enjeux pour qui souhaite étudier (ou faire reconnaître ses études) à l’étranger réside dans les mécanismes d’équivalence des diplômes. En effet, chaque pays possède sa propre grille de lecture des diplômes et crédits, d’où l’importance de s’informer dès l’amont pour valider son projet.
Le système LMD (Licence, Master, Doctorat)
Mis en place au sein de l’Espace européen de l’enseignement supérieur, le système LMD vise à harmoniser les diplômes grâce à la reconnaissance mutuelle des crédits (ECTS). En Europe, il facilite les échanges et garantit qu’un semestre ou une année validée à l’étranger sera automatiquement reconnue en France (et vice-versa).
Hors Europe : attention aux spécificités locales
En Amérique du Nord, en Asie ou en Afrique, les référentiels diffèrent : les cursus sont parfois plus longs ou structurés différemment. Pour obtenir une équivalence, il faut souvent faire une demande auprès des autorités éducatives du pays d’accueil ou auprès d’organismes spécialisés lors de son retour en France.
- Canada : Les provinces évaluent individuellement les diplômes étrangers. Les établissements peuvent exiger des "course descriptions" (détail des matières suivies) traduites en anglais ou en français du Québec.
- États-Unis : La reconnaissance des diplômes passe la plupart du temps par des agences privées (Credential Evaluation Services) qui comparent les cursus suivis à l’étranger avec les standards américains.
- Australie/Nouvelle-Zélande : Les universités évaluent au cas par cas la conformité des études précédentes pour autoriser l’entrée dans un cycle supérieur.
Dans tous les cas, il est recommandé de contacter l’établissement cible OU de se renseigner via les espaces Campus France ou les centres ENIC-NARIC.
Valider son diplôme étranger en France : la procédure à suivre
Une fois le diplôme obtenu à l’étranger, il peut être nécessaire de faire reconnaître sa valeur pour poursuivre des études ou travailler en France.
- Attestation de comparabilité : délivrée par le Centre ENIC-NARIC France (france-education-international.fr), elle informe sur le niveau équivalent du diplôme dans le système français. Cette attestation n’est pas un diplôme, mais un document officiel apprécié par de nombreux employeurs et établissements.
- Admission sur titre : Pour accéder à un master ou un doctorat en France, chaque université ou grande école statue sur la recevabilité du diplôme étranger.
- Concours et fonctions réglementées : Certains métiers (médecine, droit, éducation, architecture, etc.) nécessitent, en plus, de réussir des équivalences ou concours spécifiques, car l’exercice du métier est encadré par l’État.
Anticipez ces démarches bien avant votre retour en France, car les délais de traitement peuvent être longs (plusieurs semaines à plusieurs mois selon la complexité du dossier).
Bien financer son projet : bourses et aides à la mobilité
Étudier à l’étranger représente un investissement non négligeable : frais de scolarité, voyage, logement, couverture santé, coût de la vie locale. Bonne nouvelle, de nombreux dispositifs existent pour alléger la facture :
- Bourses Erasmus+ : pour les mobilités européennes, elles prennent en charge une partie des frais de séjour et de transport.
- Bourses du CROUS : sous conditions de ressources, elles peuvent être maintenues en cas d’études à l’étranger dans le cadre d’un échange académique.
- Bourses régionales : de nombreuses régions françaises proposent un appui financier pour faciliter la mobilité vers certains pays partenaires.
- Programmes bilatéraux et bourses du gouvernement français : d’autres instruments existent selon la destination (bourse Eiffel, dispositif du ministère de l’Europe, de l’Ambassade de France, etc.).
- Bourses et aides du pays d’accueil : dans certains cas, les universités ou gouvernements étrangers offrent des aides spécifiques aux étudiants internationaux.
Chaque dossier comporte ses critères d’éligibilité, et les campagnes de candidature débutent souvent dès le premier trimestre de l’année civile. Consultez le site campusfrance.org ou le service international de votre établissement d’origine pour recenser les opportunités adaptées à votre projet.
Se préparer, s’intégrer : conseils pour une mobilité réussie
Un séjour d’études à l’étranger est une aventure humaine riche – mais aussi un défi pratique. Pour le réussir, quelques points de vigilance s’imposent :
- Obtenir son visa d’études : sauf à l’intérieur de l’UE, un visa étudiant est la plupart du temps obligatoire. Les règles diffèrent selon les pays : démarches en ligne, justificatifs, délais… Anticipez largement !
- Souscrire une assurance santé internationale : la protection maladie peut ne pas être automatique ou n’être que partielle. Renseignez-vous auprès de votre mutuelle ou sollicitez des offres "étudiants-outremer" spécialisées.
- Se loger : campus universitaire, colocation, famille d’accueil… Tous les modes de logement ont leurs contraintes ; préparez-vous à effectuer les démarches le plus tôt possible, certains marchés locatifs étant extrêmement tendus.
- S’intégrer culturellement et socialement : Assister aux journées d’accueil, rejoindre les associations étudiantes, apprendre quelques bases de langue locale même hors cursus… sont les clés pour surmonter le choc culturel et nouer des liens.
- Bien organiser son retour : prévoir dès le départ la reconnaissance de ses crédits, la rédaction de rapports de stage ou l’acquisition de certificats complémentaires qui faciliteront la réintégration en France.
N’oubliez pas : l’expatriation, même temporaire, s’anticipe ! Consultez régulièrement le site formationconcrete.fr : vous y trouverez des guides pratiques, des témoignages d’étudiants expatriés et des fiches sur les démarches à ne pas oublier.
En résumé : anticiper, s’informer, valoriser son parcours
L’étude à l’étranger reste une formidable opportunité pour acquérir de nouvelles compétences et construire un projet professionnel solide et attractif. Pourtant, entre préparation du dossier, recherche de financements, démarches administratives, obtention d’équivalences de diplômes et adaptation sur place, chaque étape exige de la rigueur et de l’anticipation.
Faites le point sur vos priorités, renseignez-vous sur les formalités du pays d’accueil, gardez trace de vos acquis tout au long du séjour et ne négligez aucune source officielle (Ambassade de France, Campus France, ENIC-NARIC, services internationaux des universités).
« Étudier hors de France, c’est élargir ses horizons, mais aussi apprendre à naviguer dans l’international, à gérer l’inattendu et à valoriser une expérience unique auprès des employeurs comme des établissements. Une aventure qui commence bien avant le départ… et qui enrichit toute une vie. »
Pour approfondir chaque étape, retrouvez notre dossier complet sur la mobilité internationale, les fiches "écoles & diplômes" et les ressources d’aide aux équivalences sur www.formationconcrete.fr