Écoles & diplômes

VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) : une autre voie vers le diplôme

Par Maxime
5 minutes

Un dispositif clé pour valoriser l’expérience professionnelle

De nombreux professionnels exercent leur activité depuis des années sans pour autant posséder de diplôme officiel dans leur domaine. Pour ces personnes, la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) représente une opportunité unique d’obtenir un titre, un diplôme ou une certification professionnelle, sans nécessairement repasser par la formation initiale.

Ce dispositif a révolutionné l’approche traditionnelle de la formation continue en France, en permettant de reconnaître l’expérience comme une véritable source de compétences et de savoirs, et non plus seulement comme un complément au parcours scolaire ou universitaire.

Comprendre le principe de la VAE

La VAE est un droit individuel ouvert à toute personne, quel que soit son âge, son niveau d’études, sa situation professionnelle ou son secteur d’activité. L’idée maîtresse : prouver, au travers d’un dossier et d’un entretien, que les compétences acquises "sur le terrain" sont équivalentes à celles exigées par le référentiel d’un diplôme d’État, d’un titre professionnel ou d’un certificat de qualification professionnelle.

Concrètement, la VAE s’adresse aussi bien à des salariés qu’à des indépendants, bénévoles, agents publics ou demandeurs d’emploi ayant exercé des missions en cohérence avec le contenu du diplôme visé.

  • La durée minimale d’expérience requise est d’un an équivalent temps plein — soit 1 607 heures — en rapport direct avec le diplôme souhaité.
  • Toutes les expériences comptent : emploi salarié, non salarié, bénévolat dans une association, volontariat à l’étranger…

Quels diplômes ou certifications sont concernés ?

L’une des grandes forces de la VAE concerne la diversité des titres accessibles. Sont éligibles tous les diplômes ou titres professionnels inscrits au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP), soit du CAP à Bac+5 (Master, titre d’ingénieur, etc.), ainsi que de très nombreux certificats sectoriels.

  • Diplômes de l’Éducation nationale (CAP, Bac pro, BTS, Licence, Master...)
  • Diplômes sanitaires et sociaux (aide-soignant, éducateur spécialisé...)
  • Titres professionnels délivrés par le Ministère du Travail
  • Certifications de branches professionnelles
  • Certificats de qualification professionnelle (CQP)

Cette large palette permet une grande flexibilité dans l’évolution professionnelle et la sécurisation des parcours.

Les étapes de la démarche VAE

  1. Information et orientation
    Avant de vous lancer, il est conseillé de prendre rendez-vous auprès d’un Point Relais Conseil (PRC) ou d’un organisme d’information (Pôle emploi, Mission locale, CARIF-OREF…). Ce premier échange aide à valider la pertinence de votre projet et à identifier le diplôme qui colle le mieux à votre expérience.
  2. Dépôt du dossier de recevabilité (« livret 1 »)
    Il s’agit de constituer un dossier prouvant que votre expérience est bien en lien avec le diplôme visé. L’organisme de certification vérifie ensuite si vous remplissez les conditions d’accès.
  3. Réalisation du dossier de validation (« livret 2 »)
    C’est la phase-clé : vous devez détailler vos expériences, décrire précisément vos missions et illustrer, par des exemples concrets, vos compétences acquises. Ce travail d’introspection est souvent long et nécessite rigueur et sincérité.
  4. Accompagnement (facultatif mais vivement recommandé)
    De nombreux candidats choisissent d’être accompagnés, par exemple par un organisme de formation, un GRETA ou un réseau spécialisé VAE. Cet accompagnement vous aide à structurer votre dossier et à vous préparer à l’oral.
  5. Passage devant le jury
    Vous êtes convoqué pour un entretien, parfois complété par une mise en situation professionnelle. Le jury, composé de professionnels et d’enseignants, décide si vous validez tout ou partie du diplôme.
  6. Obtention ou non du diplôme
    À l’issue de la procédure, trois issues sont possibles : validation totale, validation partielle (certaines compétences restant à valider ultérieurement), ou refus motivé.

Quels bénéfices ? Pourquoi s’engager dans une VAE ?

  • Booster son parcours professionnel : la VAE permet de sécuriser une trajectoire, de postuler à des emplois plus qualifiés, de prétendre à une évolution ou à une promotion interne.
  • Sécuriser l’employabilité : obtenir un diplôme peut s’avérer crucial en cas de reconversion ou face à des mutations du marché du travail.
  • Revaloriser son expérience : la VAE est souvent vécue comme une reconnaissance des années de travail non sanctionnées par un titre officiel.
  • Éviter une reprise d’études longue : vous pouvez accéder à un diplôme complet sans retourner sur les bancs de l’école pendant plusieurs années.

Quelques chiffres-clés et retours d’expérience

La VAE séduit chaque année environ 25 000 à 30 000 candidats en France, tous diplômes confondus (source : Dares, Ministère du Travail). Si son succès reste encore modéré au regard des besoins, elle continue à s’inscrire dans le paysage de la formation professionnelle.

« J’étais aide-soignante depuis 12 ans, mais sans diplôme. Grâce à la VAE, j’ai obtenu le titre d’aide-soignante en validant mon expérience. Cela m’a ensuite permis d’évoluer à l’hôpital et de candidater à un poste de cadre. L’accompagnement a été essentiel pour me cadrer, rédiger mon dossier et préparer l’oral »

— Sophie, 39 ans, Montpellier

Points de vigilance et défis de la VAE

  • La démarche exigeante : rédiger le dossier prend plusieurs mois, et nécessite d’analyser en profondeur son parcours ; il ne s’agit pas d’un simple inventaire de tâches.
  • La validation partielle : il arrive fréquemment que seule une partie des compétences soit validée ; il faudra alors compléter par une formation complémentaire ou une expérience supplémentaire.
  • L’accompagnement, facteur-clé de réussite : bien que facultatif, il augmente considérablement les chances de décrocher le diplôme.
  • Le financement : certaines étapes peuvent être financées par le CPF (Compte Personnel de Formation), l’employeur ou des dispositifs régionaux.

Comment se faire accompagner et financer sa VAE ?

  • Accompagnement individuel : fait par des centres de formation (GRETA, CNAM, AFPA, universités) ou des consultants VAE indépendants.
  • Financement : CPF, plan de développement des compétences de l’entreprise, aides régionales, Pôle emploi. De nombreux dispositifs existent pour réduire le coût (généralement entre 500 et 2000 € selon l’accompagnement).
  • Congé pour VAE : le salarié peut bénéficier d’un congé VAE (24 h maximum) pour préparer et passer la validation, sous réserve d’acceptation par l’employeur.

L’accompagnement inclut généralement aide à la rédaction du dossier, séances de méthodologie, préparation à l’oral et parfois aide administrative pour le montage du financement.

Vers une démocratisation de la VAE ?

La VAE est appelée à évoluer et à se simplifier. La loi du 21 décembre 2022 "Marché du travail" prévoit une procédure allégée et une meilleure information pour les candidats. L’objectif : lever les freins administratifs, raccourcir les délais et valoriser encore davantage l’expérience.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le portail officiel vae.gouv.fr ou vous rapprocher d’un Point Relais Conseil.

À retenir

  • La VAE consacre l’expérience comme vecteur légitime d’accès aux diplômes et titres professionnels.
  • Elle s’adresse à tous, salariés, indépendants, demandeurs d’emploi ou bénévoles, dès lors qu’une expérience d’au moins un an peut être justifiée.
  • Le parcours demande rigueur et exigence, mais garantit une reconnaissance durable de vos compétences.
  • L’accompagnement et le financement sont des clés pour sécuriser et réussir la démarche.
  • Si vous hésitez : osez demander conseil auprès de professionnels ou de pairs déjà passés par la VAE.

La VAE est bien plus qu’un simple raccourci vers le diplôme : c’est une expérience forte en soi, qui permet de faire le point sur son parcours, de consolider son identité professionnelle et d’ouvrir de nouvelles perspectives d’évolution. Pour découvrir plus d’outils, de témoignages et de ressources concrètes, rendez-vous sur formationconcrete.fr dans la rubrique « Financer sa formation » ou « Conseils carrière ».

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