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Langues rares : pourquoi et comment se lancer dans l’apprentissage du chinois, de l’arabe ou du russe ?

Par Maxime
6 minutes

Explorer les langues rares : de nouveaux horizons pour apprendre et s’ouvrir au monde


Dans un monde où l’anglais s’est imposé comme langue incontournable des échanges internationaux, l’apprentissage de langues dites "rares", telles que le chinois mandarin, l’arabe ou le russe, représente une initiative singulière, mais également un formidable levier d’opportunités. Pourquoi se lancer dans leur étude ? Et quels sont les chemins les plus efficaces pour progresser ? Voici un dossier pour comprendre les avantages, les défis, et les méthodes concrètes pour maitriser ces langues d’avenir.


Pourquoi apprendre une langue moins commune ?


Si l’anglais, l’espagnol ou l’allemand sont présents dans l’immense majorité des parcours scolaires, choisir d’apprendre le chinois, l’arabe ou le russe relève d’une démarche volontaire, guidée par la curiosité ou une ambition professionnelle. Mais ces langues présentent bien d’autres atouts encore :


  • Un avantage sur le marché du travail : Peu de profils français les maitrisent correctement, alors même que les besoins s’accroissent dans le commerce international, la diplomatie, l’enseignement, le web ou encore la traduction.
  • Une ouverture culturelle unique : S’initier à ces langues, c’est aussi découvrir des cultures millénaires, saisir les référents historiques, les nuances de pensée et accéder à un continent littéraire souvent méconnu.
  • Développer de nouvelles compétences cognitives : S’exercer à un système d’écriture différent (idéo-phonogrammes chinois, alphabet cyrillique russe, alphabet arabe) active d’autres zones du cerveau et favorise la mémoire, la logique ou encore la créativité.
  • Voyager autrement : Savoir formuler quelques phrases au sein d’un pays où la langue est perçue comme difficile pour les étrangers est souvent un facteur d’intégration et d’empathie immédiate.
  • Participer à des enjeux géopolitiques majeurs : L’actualité met régulièrement en avant l’influence croissante de la Chine, du monde arabe ou de la Russie ; comprendre la langue, c’est aussi mieux saisir l’envers de leurs choix économiques et politiques.

Chinois, arabe, russe : trois univers, trois défis


Le chinois mandarin : la langue du XXIe siècle ?

Le chinois mandarin est la langue la plus parlée au monde. Son apprentissage repose sur un double défi : la prononciation tonale (quatre tons à distinguer pour chaque syllabe) et la maitrise de milliers de caractères (hanzi). Mais ce qui parait au premier abord insurmontable se révèle passionnant dès que l’on saisit la logique des composants. Apprendre les bases du mandarin, c’est aussi ouvrir la porte à des opportunités dans les secteurs du commerce, du numérique, du tourisme ou de la recherche internationale.


L’arabe standard moderne et ses variantes

L’arabe est langue officielle dans une vingtaine de pays. Sa structure grammaticale (verbes forts/ faibles, racines trilitères) déroute, mais permet de jouer avec la langue de manière créative. L’essentiel de son apprentissage repose d’abord sur la lecture et l’écriture de l’alphabet, puis l’acquisition de l’arabe standard moderne (celui des médias, de l’administration, et des manuels scolaires), avant de s’ouvrir, si besoin, à un dialecte spécifique (marocain, égyptien, syrien, etc.).


Le russe : une langue-pont entre l’Europe et l’Asie

Écrit en alphabet cyrillique, le russe attire ceux qui veulent travailler dans des secteurs tels que l’énergie, la diplomatie, la littérature ou la traduction technique. Sa grammaire exige rigueur et mémorisation (six cas, déclinaisons selon les fonctions des mots, aspects verbaux particuliers), mais sa prononciation s’avère souvent plus accessible aux francophones que celle du chinois ou de l’arabe.


Se lancer : par où commencer ?


  • S’informer sur les objectifs réels : Que souhaitez-vous faire avec votre nouvelle langue? Voyager, travailler, lire dans la version originale, obtenir un diplôme, enseigner ? Fixez un objectif concret (B1 en 2 ans, lire la presse, tenir une conversation simple, etc.).
  • Choisir un mode d’apprentissage adapté : Auto-apprentissage, cours en ligne, applications mobiles, groupes de conversation, tandem linguistique… identifiez ce qui vous motive le plus ou combinez plusieurs approches.
  • Chercher un cadre motivant : Beaucoup de villes proposent des cours en présentiel via les alliances françaises, instituts Confucius, centres culturels russes, associations de proximité ou encore les universités populaires.
  • Utiliser les ressources numériques : Livres disponibles en ligne, podcasts, vidéos YouTube, MOOC (massive open online courses), « Duolingo », « Italki », « Memrise », plateformes spécialisées… N’hésitez pas à tester et sélectionner les outils qui vous plaisent.
  • S’immerger dès que possible : Écoutez la radio, regardez des films en VO sous-titrée, lisez des mangas ou BD bilingues, inscrivez-vous à un atelier cuisine ou une association culturelle dédiée : chaque occasion de pratiquer compte.

Méthodes éprouvées pour progresser efficacement


  1. La répétition espacée : Révisez régulièrement, sans attendre d’oublier, avec des applications (de flashcards ou de mémorisation active) qui adaptent les rappels à votre niveau.
  2. L’échange linguistique : Trouvez un « buddy » qui souhaite apprendre le français et proposez-lui des séances régulières d’échange. Cela favorise la correction en douceur et la progression orale.
  3. La pratique quotidienne, même courte : Dix à vingt minutes chaque jour vaudront mieux que deux heures uniquement le week-end.
  4. Oser parler dès le début : Acceptez les erreurs — chaque balbutiement est un apprentissage. Les langues rares s’adressent surtout à celles et ceux qui ne craignent pas de sortir de leur zone de confort!
  5. Vivre des immersions réelles ou virtuelles : Dès que possible, voyagez, partez en stage ou en séjour linguistique, participez à des webinaires, ateliers ou « cafés langues » animés par des natifs.

Zoom sur les dispositifs pour se former et financer son projet


  • Formations universitaires : Beaucoup de licences proposent dès la première année un parcours linguistique chinois, arabe ou russe, avec possibilité de double cursus ou d’option complémentaire.
  • Attachés culturels et ambassades : Offrent parfois des bourses de mobilité ou des stages d’été pour s’immerger dans le pays cible.
  • Le Compte personnel de formation (CPF) : Pour les adultes, il permet de financer des cours individuels ou collectifs dans une langue rare en visio ou présentiel (sous conditions d’organismes agréés).
  • Associations et structures locales : France-Chine, Institut du monde arabe, Alliance russe... Renseignez-vous !

Écueils traditionnels et solutions concrètes


  • Découragement face à l’écrit ou la complexité : Déconstruisez vos craintes. Commencez par l’oral : apprendre à se présenter, compter, formuler des phrases-clés, avant de vous plonger dans l’écriture ou la grammaire profonde.
  • Isolement, manque de pratique : Recherchez la compagnie de locuteurs natifs ou des groupes d’apprenants. Les réseaux sociaux et les forums thématiques sont un excellent point de départ.
  • Stagnation après quelques mois : Fixez-vous des défis ludiques (quizz, concours, lecture simplifiée, visionnage de films courts) ou variez les activités (écoute, écriture, conversation, lecture) pour relancer la motivation.

« Apprendre le chinois, l’arabe ou le russe, ce n’est pas viser la perfection, mais accepter un voyage long fait de découvertes, de surprises, et de progrès visibles. »

Quelques conseils pratiques pour tenir sur la durée


  • Notez vos objectifs avancée (journal, carnet d’apprentissage, fiches de progression).
  • Participez à des challenges linguistiques (« 30 jours de conversation », « 50 mots par semaine », etc.).
  • Échangez sur vos difficultés : Forums, groupes Facebook ou Discord, plateformes d’apprenants, webinaires thématiques proposés par formationconcrete.fr.
  • Planifiez une immersion annuelle, même courte (voyage, stage, salon international…)
  • Restez curieux ! Feuilletez des ouvrages bilingues, testez des jeux vidéos en VO, écoutez de la musique ou des podcasts natifs.

Perspectives et retours d’expérience


Quelle que soit la langue rare choisie, vous apprendrez bien plus qu’un système de communication : vous cultiverez l’adaptabilité, la patience, la compréhension interculturelle – qualités recherchées dans tous les secteurs professionnels. De nombreux anciens apprenants témoignent également de l’effet accélérateur sur leur carrière ou sur leur compréhension du monde : ouverture à de nouveaux marchés, création de réseaux professionnels ciblés, accès à des contenus uniques, contribution à des projets humanitaires ou scientifiques.


Pour beaucoup, la réussite repose sur la régularité plus que sur la quantité : progresser un peu chaque semaine, célébrer chaque étape franchie, et accepter que chaque grille d’écriture, chaque structure grammaticale déconcertante est aussi une clé supplémentaire pour comprendre la diversité et la richesse de l’humanité.


Pour aller plus loin : parcourez nos dossiers « Langues rares et métiers », trouvez votre cursus linguistique, ou participez à nos ateliers d’échange sur formationconcrete.fr pour partager vos expériences et trouver de nouveaux partenaires d’apprentissage.

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