Orientation

L’alternance : une option à considérer pour se réorienter

Par Maxime
6 minutes

Changer de voie : un parcours plus fréquent qu’on ne le pense


Reprendre ses études, envisager un nouveau métier ou donner un autre sens à sa carrière : chaque année, des dizaines de milliers de personnes franchissent le pas de la réorientation. Que l’on soit lycéen, étudiant ou déjà salarié, changer de cap n’est jamais une démarche anodine. L’idée doit souvent faire son chemin au gré des expériences, des envies qui évoluent ou de la découverte d’un secteur plus porteur. Mais face au doute et à la peur de se tromper encore, comment sécuriser ce virage professionnel ? L’alternance apparaît alors comme une option concrète et rassurante, à la croisée de la formation et de l’expérience terrain.


Comprendre l’alternance : principe et promesses


L’alternance repose sur une idée simple : apprendre un métier en combinant théorie dans un établissement d’enseignement et immersion directe en entreprise. Le rythme diffère selon les cursus et les niveaux de qualification, mais le principe de base reste toujours le même : chaque semaine ou chaque mois, l’apprenant alterne périodes de cours et de pratique professionnelle réelle.


Ce système existe sous deux formes principales :

  • Le contrat d’apprentissage : destiné prioritairement aux jeunes de 16 à 29 ans révolus, il s’adresse aussi, sous conditions, aux personnes en situation de handicap ou aux repreneurs/créateurs d’entreprise.
  • Le contrat de professionnalisation : ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans, aux demandeurs d’emploi (sans limite d’âge) et à certains publics spécifiques, il cible aussi bien les reconversions que les montées en compétence.


L’alternant·e bénéficie du statut de salarié·e : il touche un salaire (calculé en pourcentage du SMIC selon l’âge et le diplôme préparé), accumule de l’expérience et cotise même pour la retraite. L’entreprise prend en charge tout ou partie du coût de la formation, ce qui en fait une solution rarement coûteuse pour l’apprenant.


Pourquoi l’alternance séduit les personnes en réorientation ?


  • Une insertion facilitée : selon le ministère du Travail, 65 % des alternants accèdent à un emploi dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme. Ce taux grimpe dans les secteurs en tension ou pour les métiers techniques.
  • Une expérience qui fait la différence : sur un CV, l’alternance crédibilise un projet de réorientation : vous n’êtes pas seulement « formé », vous avez aussi fait vos preuves en entreprise.
  • Un filet de sécurité financier : être payé pendant ses études peut sécuriser une reconversion, surtout si l’on ne souhaite pas (ou plus) dépendre de sa famille ou d’indemnités chômage.
  • Un rythme dynamique et concret : si vous avez été lassé par la théorie sans application ou déçu par un enseignement trop abstrait, l’alternance remet l’action et l’utilité au cœur du parcours.
  • Un accompagnement rapproché : tuteur côté entreprise, référent côté centre de formation : on n’est jamais seul face à ses difficultés.

Réorientation et alternance : pour quels profils ?


L’alternance s’ouvre aujourd’hui à tous les âges et à presque tous les niveaux de qualification :


  • Après le lycée : les bacheliers peuvent choisir l’alternance dès le BTS, BUT, licence professionnelle, voire certaines écoles d’ingénieurs ou de commerce.
  • En post-bac : vous avez entamé des études supérieures qui ne vous correspondent plus ? L’alternance favorise la reprise en main de votre orientation avec un projet professionnel ancré dans le réel.
  • Salariés en reconversion : il est possible de négocier un contrat pro ou un projet de transition professionnelle avec son employeur, ou de compléter une rupture de contrat avec le financement de l’alternance via Pôle emploi.
  • Demandeurs d’emploi : de nombreux dispositifs – notamment le contrat pro adulte – accompagnent la montée en qualification par alternance, y compris à 30, 40 ou 50 ans.

Dans quels secteurs l’alternance facilite-t-elle la réorientation ?


Longtemps cantonnée à l’artisanat, à l’industrie ou au commerce, l’alternance touche aujourd’hui presque tous les secteurs :


  • Informatique, numérique, cybersécurité : BTS SIO, bachelors développeur, masters data science recrutent massivement en alternance.
  • Ressources humaines et gestion : de la formation au recrutement, la fonction RH privilégie profils hybrides et alternants adaptables.
  • Santé, social, aide à la personne : métiers d’infirmier, éducateur, accompagnant éducatif, auxiliaire de vie.
  • Environnement et transition énergétique : techniciens de maintenance, ingénieurs RSE, agents de traitement des eaux…
  • Commerce, marketing, vente : du CAP à Bac+5, la filière commerce multiplie les promos 100 % alternance.
  • Industrie, logistique, transport : électrotechnique, chaudronnerie, supply chain, maintenance industrielle.

De plus en plus d’établissements spécialisés – écoles de communication digitale, CFA de la banque, campus dédiés au développement durable – se tournent vers l’alternance pour aider les profils en reconversion à « prendre le train en marche » et trouver leur spécialité.


Les grandes étapes pour réussir sa réorientation en alternance


  1. Faire le point sur ses envies et ses compétences : commencez par identifier ce qui ne vous convenait pas dans votre parcours antérieur, et vos forces à valoriser. Pensez à faire un bilan de compétences ou à consulter un conseiller d’orientation, des ressources en ligne comme formationconcrete.fr, ou un conseiller Pôle emploi.
  2. S’informer sur les métiers et les formations : quelles sont les filières qui recrutent en alternance ? Quels sont les débouchés dans la région visée ? Multipliez les rencontres avec des professionnels, participez à des salons ou à des portes ouvertes.
  3. Cibler des établissements adaptés : CFA, lycées pro, universités, écoles spécialisées… chacun propose des rythmes et des niveaux d’exigence différents. Privilégiez les centres proches d’un vivier d’entreprises partenaires.
  4. Rechercher une entreprise d’accueil : ne négligez pas l’importance du réseau : anciens camarades, tuteurs, parents, professeurs, plateformes d’offres (alternance.emploi.gouv.fr, sites d’entreprises). Préparez un CV orienté « projet » et mettez en avant votre motivation à changer de voie. Des ateliers de simulation d’entretien ou l’appui d’un référent emploi peuvent aider à décrocher le précieux contrat.
  5. Anticiper la gestion du double rythme : concilier apprentissages scolaires et exigences professionnelles demande organisation et persévérance. C’est d’ailleurs un excellent moyen de tester sa détermination envers son nouveau projet : l’alternance est exigeante mais professionnalisante.

Réussir sa réorientation : retours d’expériences


« J’avais commencé une licence de droit sans vraiment savoir pourquoi. Après un an, j’ai préféré m’orienter vers la gestion par la voie de l’alternance. Cette fois, voir à quoi servaient mes cours chaque semaine, être responsabilisé en entreprise, ça a tout changé. J’ai signé un CDI 3 mois après mon diplôme. »
– Mathieu, 24 ans, gestionnaire de paie.

« Salariée dans la grande distribution depuis dix ans, je voulais donner du sens à mon travail. J’ai choisi un contrat pro dans le secteur médico-social pour devenir accompagnante de vie. La pratique en structure, les conseils du tuteur, m’ont permis de franchir le cap de la reconversion sans repartir de zéro. »
– Isabelle, 39 ans, aide médico-psychologique.

Les témoignages sont nombreux : changers de voie passent souvent par une phase de doute, mais voient aussi dans l’alternance la preuve tangible de leur capacité à rebondir et à s’adapter à d’autres secteurs.


Quelques bonnes pratiques pour une réorientation réussie en alternance


  • Anticipez : réorientez-vous de préférence à la rentrée ou en cours d’année si des places se libèrent, et informez-vous tôt sur les délais de recrutement des entreprises.
  • Valorisez chaque expérience : toute expérience passée – même dans un secteur différent – peut révéler des aptitudes transférables (rigueur, relationnel, autonomie…).
  • Mobilisez les aides et les dispositifs : aides à la mobilité, bourses, aides de la région ou de l’État : l’alternance est bien dotée en financements et en accompagnement.
  • Soyez ouvert·e à l’inattendu : des secteurs inconnus ou a priori éloignés de vos premiers choix peuvent révéler leur attrait après une période d’immersion sur le terrain.

Des perspectives d’évolution rapides et concrètes


À l’issue de son contrat en alternance, on peut :

  • Signer un CDI directement dans l’entreprise d’accueil (cas le plus fréquent selon l’OPCO et France compétences)
  • Poursuivre sa formation en alternance à un niveau supérieur (ex : du BTS au Bachelor, du Bac Pro au BTS)
  • Bénéficier d’un accompagnement à la création d’entreprise ou à l’insertion professionnelle par les réseaux d’anciens alternants
  • Valoriser plus facilement sa candidature auprès d’autres employeurs, grâce à l’expérience terrain acquise


Faut-il avoir peur de l’alternance ?


Certains freins reviennent souvent : peur de la charge de travail, difficulté à trouver une entreprise ou crainte de ne pas suivre le rythme. Dans les faits, la majorité des alternants soulignent que l’apprentissage par la pratique restaure souvent la motivation. La clé : bien s’informer sur le secteur visé, solliciter l’accompagnement proposé par les CFA ou universités, et ne pas hésiter à mobiliser les réseaux d’aide existants (tuteurs, coachs emploi, plateformes en ligne).


1Changer de voie peut sembler risqué. Mais l’alternance permet de se donner des repères concrets, d’élargir ses compétences et de sortir du schéma « enseignement ou emploi ». Sur le terrain, on se découvre des talents, on affine ses envies et on gagne en assurance.17

Se réorienter grâce à l’alternance : un pari gagnant pour l’avenir


Que vous soyez au début de vos études ou en plein parcours professionnel, l’alternance offre un cadre structurant pour toute réorientation. Plus souple qu’il n’y paraît, le dispositif s’adapte à de nombreux profils et donne le temps d’explorer un nouveau métier avant de s’engager pour de bon.

Dans un monde où la souplesse de carrière et la capacité d’apprentissage sont de plus en plus valorisées, l’alternance s’impose comme un tremplin précieux : pour tester un projet, l’enraciner dans le concret, et faire reconnaître officiellement ses compétences. La réorientation n’est plus un saut dans l’inconnu, mais un chemin éclairé par l’action, le collectif et le retour progressif sur soi.

Pour approfondir toutes les dimensions de la réorientation et découvrir les possibilités de l’alternance adaptées à votre projet, explorez les dossiers, témoignages et outils pratiques de formationconcrete.fr.

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