Comprendre l’assertivité : une compétence essentielle du XXIe siècle
Dans un monde où les échanges professionnels et personnels se multiplient, il est de plus en plus important de réussir à exprimer ses idées, ses besoins et ses limites, tout en respectant ceux des autres. C’est exactement ce que permet l’assertivité, un savoir-être à la croisée du respect de soi et de l’attention à autrui, loin de l’agressivité comme de la soumission.
Être assertif signifie s’affirmer sans écraser : on ose prendre la parole, défendre un point de vue ou dire non, mais toujours dans des formes de communication ouverte, directe, mais non blessante. L’assertivité est aujourd’hui considérée comme une soft skill-clé, autant pour la qualité de vie au travail que pour l’efficacité collective et les relations équilibrées.
Entre passivité, agressivité et assertivité : identifier son style
- La communication passive : consiste à taire ou minimiser ses opinions et besoins, par crainte du conflit ou du jugement. Dans le monde du travail, cela conduit à accepter trop de tâches, à voir ses idées ignorées et, souvent, à ressentir de la frustration.
- L’attitude agressive : consiste à vouloir avoir gain de cause à tout prix, quitte à dominer, couper la parole ou critiquer vertement. Le court terme récompense parfois cette posture, mais dans la durée, elle détériore la confiance et l’ambiance.
- L’assertivité : est l’art de l’équilibre. On reçoit – et on donne – du respect, on exprime ce qui compte pour soi dans le dialogue, sans empiéter sur l’autre.
Se connaître, repérer ses tendances naturelles, c’est le premier pas pour progresser.
Pourquoi cultiver l’assertivité ? Les bénéfices à tous les niveaux
- Augmente la confiance en soi : en exprimant ses besoins, on valorise ses compétences et ses points de vue, ce qui nourrit l’estime personnelle.
- Sécurise les relations : dire « non » sans être agressif, oser formuler un désaccord ou une demande permet d’éviter les non-dits et les malentendus.
- Facilite la résolution de conflits : une posture assertive adopte l’écoute active et la recherche de solutions mutuellement satisfaisantes, désamorçant les tensions.
- Favorise la coopération au travail : dans les équipes, l’assertivité stimule l’intelligence collective et la créativité.
- Préserve l’équilibre vie privée/vie professionnelle : en posant ses limites, on évite la surcharge et le stress chronique.
L’assertivité en pratique : quelques principes fondamentaux
- Formuler des messages clairs et honnêtes
- Savoir ce que l’on veut dire et oser le dire en « je ».
- Distinguer faits, émotions et jugements
- Prendre le temps de décrire une situation objectivement, puis d’exprimer ses sentiments ou besoins, avant de proposer une solution.
- Écouter activement
- L’autre aussi peut s’exprimer. Reformuler ("Si je comprends bien...") montre l’intérêt porté et clarifie la discussion.
- Dire non : l’art de poser ses limites
- S’opposer fermement, mais sans justification excessive ni agressivité.
- Prendre en compte le langage non verbal
- Regard, posture, voix, gestes : l’affirmation passe aussi par le corps.
Méthodes pour développer son assertivité
- Auto-observation : repérez dans votre quotidien les situations où vous n’osez pas vous exprimer ou, au contraire, où votre ton devient trop tranchant.
- L’entraînement à la communication non violente (CNV) : cette approche propose de décrire les faits, de dire son ressenti, d’exprimer son besoin et de formuler une demande concrète.
- La méthode DESC (Décrire, Exprimer, Spécifier, Conclure) : structure type pour donner un feedback ou recadrer un comportement tout en préservant la qualité de la relation.
- Jeux de rôle et mises en situation : s’entraîner, même devant un miroir, à dire non, à demander de l’aide, à formuler une critique constructive.
- Apprendre à gérer son stress : l’assertivité se développe d’autant mieux que l’on parvient à maîtriser l’émotion, notamment la peur du rejet ou du conflit.
Des exemples concrets pour oser s’affirmer
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Dire non à une surcharge de travail :
« Je comprends que le dossier est urgent, mais j’ai déjà deux projets en cours et il m’est impossible de rendre un travail de qualité dans les délais. Pouvons-nous voir ensemble la priorité ou envisager de déléguer une partie ? »
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Formuler un désaccord en réunion :
« Je vois l’intérêt de ta proposition et j’aimerais proposer une alternative, qui pourrait aussi répondre au besoin de X. Est-ce qu’on peut en discuter ? »
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Faire un feedback constructif :
« Lors de la dernière présentation, j’ai remarqué que tu avais interrompu plusieurs fois mon intervention. J’avoue que cela m’a déstabilisé. Pour avancer efficacement, serait-il possible de planifier un temps de questions à la fin ? »
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Solliciter une augmentation :
« Je souhaite faire le point sur mes responsabilités et les résultats obtenus ces derniers mois. Au vu de mon évolution, pourrais-tu me dire si une revalorisation de mon poste est envisageable ? »
Les obstacles courants : pourquoi l’assertivité n’est pas toujours facile
Beaucoup de personnes redoutent à tort que s’affirmer revienne à paraître égoïste, individualiste ou travaillé par l’orgueil. D’autres craignent la réaction de l’autre, la peur du rejet ou du conflit, ou bien doutent de leur légitimité à se faire entendre.
Des facteurs culturels, éducatifs ou organisationnels peuvent compliquer la tâche : habitudes de hiérarchie stricte, injonctions à « faire plaisir » ou à éviter toute forme de divergence… Mais l’assertivité se travaille, et progresse à chaque mise en pratique.
Petit guide pour s’affirmer au quotidien sans s’imposer
- Se donner l’autorisation de s’exprimer : sachez que votre parole compte autant que celle des autres.
- Privilégier l’authenticité sur la justification : exprimez un choix ou un désaccord sans vous excuser en permanence.
- Prendre appui sur les faits plutôt que sur les jugements : cela aide à faire passer le message sans créer d’animosité.
- Accueillir la réponse de l’autre, même divergente : l’assertivité n’est pas un rapport de force, mais la recherche d’un vrai échange.
- Rester dans la régularité : plus vous osez vous affirmer dans les “petites choses”, plus cela devient naturel dans les situations clés.
- S’encourager et se féliciter : chaque progrès compte !
Le témoignage de Julie, jeune manager
« Lorsque j’ai pris mon premier poste de chef d’équipe, j’ai cru qu’il fallait accepter toutes les demandes pour être appréciée. Rapidement, j’ai frôlé l’épuisement et perdu confiance. La découverte de l’assertivité a été un déclic : j’ai appris à poser mes limites, à demander le soutien nécessaire et à gérer mes émotions. Mes relations sont bien plus apaisées aujourd’hui, au travail comme en dehors. Et surprise : mes collaborateurs disent se sentir, eux aussi, mieux écoutés et respectés. »
À lire et à pratiquer pour avancer
- Osez l’assertivité : commencez par de petits pas, débriefez vos ressentis, notez vos réussites.
- Formez-vous : des ateliers ou formations spécialisés existent, en présentiel ou à distance.
- Lisez : les ouvrages de Thomas Gordon (« S’affirmer et communiquer »), Marshall Rosenberg (« Les mots sont des fenêtres »), ou des ressources spécialisées sur formationconcrete.fr.
En synthèse : s’affirmer sans s’imposer, c’est possible !
- L’assertivité n’est ni de la gentillesse excessive ni de l’autoritarisme, mais une posture d’équilibre et de respect partagé.
- Développer cette compétence fluidifie les relations, désamorce les conflits et favorise le bien-être comme la performance.
- L’assertivité se travaille au quotidien, grâce à la pratique, à l’introspection et à l’accompagnement si besoin.
- Chacun peut progresser, à son rythme, vers une affirmation de soi positive et collective.
Pour aller plus loin, retrouvez sur formationconcrete.fr des fiches-outils pratiques et des articles sur les soft skills indispensables pour grandir professionnellement et humainement.