Financer sa formation

Quels dispositifs de financement existent pour les adultes en reprise d’études

Par Maxime
6 minutes

Reprendre des études à l’âge adulte : panorama des aides pour financer son projet


Se former à tout âge devient une nécessité face à l’évolution rapide des métiers et aux envies de reconversion. Cependant, le coût d’une formation, d’un diplôme ou d’une spécialisation universitaire peut constituer un frein pour les candidats en reprise d’études. Bonne nouvelle : la France dispose de multiples dispositifs pour soutenir financièrement les adultes qui souhaitent reprendre le chemin des bancs de l’école ou de l’université. De quoi ouvrir de nouveaux horizons à chacun, quel que soit son parcours ou sa situation professionnelle.


Le Compte Personnel de Formation (CPF) : la brique essentielle


Le CPF reste le dispositif central dont bénéficient tous les actifs (salariés, indépendants, demandeurs d’emploi…). Il permet d’accumuler des droits à la formation tout au long de la vie professionnelle, crédités en euros (ou en heures selon l'ancienneté du compte pour certains publics). Ce capital peut être mobilisé pour financer tout ou partie d’une formation qualifiante, diplômante ou certifiante, à condition qu’elle soit référencée sur MonCompteFormation.gouv.fr.

  • À savoir : chacun peut consulter et utiliser son solde en ligne. Le CPF finance des formations variées : diplômes, certifications, VAE, langues, permis B, etc.
  • Pour les salariés souhaitant réaliser une formation sur le temps de travail, un accord de l’employeur est parfois requis.

Le Projet de Transition Professionnelle (PTP, ex-CIF)


Envie de changer de métier ou de secteur ? Le PTP (anciennement CIF – Congé Individuel de Formation) soutient les salariés qui veulent suivre une formation longue en vue d’une reconversion. Il s’adresse prioritairement à ceux qui justifient d’une certaine ancienneté dans le secteur privé, avec des modalités particulières selon les contrats.

  • Le PTP finance la rémunération pendant la formation (totale ou partielle), les frais pédagogiques, voire certaines dépenses annexes (transport, hébergement).
  • La demande doit être déposée auprès de Transitions Pro (ex-FONGECIF), organisme régional, au moins 60 jours avant le début de la formation.
  • Le projet doit généralement correspondre à une certification reconnue (titres RNCP, diplômes d’État, etc.).

Aide Individuelle à la Formation (AIF) : un appui pour les demandeurs d’emploi


Les adultes inscrits à Pôle emploi qui ne disposent pas de financement suffisant peuvent demander à bénéficier de l’AIF. Cette aide vient compléter d’autres dispositifs (CPF, financements régionaux), si un reste à charge persiste après mobilisation des droits existants.

  • Le financement est étudié au cas par cas et dépend du projet, de son potentiel d’insertion et du coût de la formation choisie.
  • Elle ne s’applique qu’aux formations validées par le conseiller Pôle emploi.
  • Attention : il faut impérativement obtenir l’accord de Pôle emploi avant l’entrée en formation.

Les dispositifs régionaux : bourses, chèques formation et aides spécifiques


Les Conseils régionaux proposent des soutiens variés pour les adultes qui reprennent leurs études, particulièrement dans le cadre du Programme Régional de Formation (PRF). Les noms changent selon les territoires : chèque formation, chèque reconversion, aide individuelle, etc.

  • Ces aides couvrent tout ou partie des frais pédagogiques, parfois accompagnés d’aides sociales (transport, matériel, hébergement, garde d’enfants).
  • Les critères d’éligibilité sont spécifiques à chaque région : situation professionnelle, âge, type de formation, nature du projet professionnel…
  • En Île-de-France, par exemple, le Chèque Créa soutient particulièrement les porteurs de projet de création ou reprise d’entreprise dans leur parcours de formation.

Repreneurs d’études salariés : plan de développement des compétences et alternance


1. Le plan de développement des compétences

Les employeurs peuvent financer des formations à destination de leurs collaborateurs, même seniors ou en mi-carrière, dans le cadre du plan de développement des compétences. Ces actions sont souvent organisées en interne, mais il est possible de solliciter la prise en charge de formations externes diplômantes ou certifiantes.

  • Certaines branches ou OPCO proposent des accords spécifiques pour les salariés en reconversion ou souhaitant valider des acquis par la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience).

2. Reprise d’études en alternance (contrats pro et apprentissage adultes)

Le contrat de professionnalisation, mais aussi le contrat d’apprentissage (jusqu’à 29 ans révolus, voire plus pour certains publics), restent accessibles pour préparer un diplôme en alternant formation et travail. Les coûts pédagogiques sont pris en charge par l’OPCO de l’entreprise, et l’adulte perçoit une rémunération pendant ses études.

  • De plus en plus d’écoles et d’universités acceptent les adultes en alternance, notamment dans le supérieur et la formation continue.

Congé de formation professionnelle pour les agents publics


La fonction publique (État, territoriale, hospitalière) prévoit un dispositif de Congé de Formation Professionnelle (CFP), distinct du PTP, permettant de s’absenter pour préparer un diplôme ou passer un concours. Ce congé ouvre droit, sous conditions, à une indemnité et à la prise en charge de tout ou partie des frais pédagogiques. De nombreux salariés publics mobilisent également leur CPF ou des aides complémentaires selon leur ministère ou collectivité.


Parcours spécifiques : aide pour les personnes handicapées, les parents isolés, etc.


Des aides supplémentaires existent pour certains profils prioritaires :

  • L’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) accorde des financements spécifiques (frais de formation, adaptation de matériel, accompagnement dédié…).
  • Les bénéficiaires du RSA, de l’ASS ou de l’AAH peuvent solliciter des aides ciblées via leur Conseiller d’Insertion ou la Région (parcours d’insertion, accompagnement personnalisé…).
  • Des établissements (universités, écoles) proposent parfois des bourses sociales ou d’excellence accessibles en formation continue.

Étudier dans le supérieur : bourses, prêts d’honneur et exonérations


En reprise d’études universitaires (DU, licence, master, diplôme d’ingénieur), il est parfois possible de bénéficier de :

  • Bourses sur critères sociaux, dans certains cas pour les moins de 28 ans ou sous condition de statut (par exemple parent isolé).
  • Exonérations de droits universitaires (personnes en recherche d’emploi, bénéficiaires de minima sociaux… ; à vérifier auprès des établissements).
  • Prêts d’honneur à taux zéro, octroyés par les CROUS ou certaines fondations.

Utiliser la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE)


La VAE permet d’obtenir (en tout ou partie) un diplôme ou un titre reconnu à partir de l’expérience professionnelle ou associative. La démarche VAE peut être financée par le CPF, les employeurs, Pôle emploi, les régions ou des fonds spécifiques selon le statut du candidat.

  • La VAE limite les années d’études et peut générer des économies substantielles, notamment lors d’une reprise de formation universitaire ou diplômante.
  • L’accompagnement VAE (pour la constitution du dossier) peut également être pris en charge par des dispositifs publics ou le CPF.

Bien préparer sa demande et maximiser les financements possibles


  • Anticipez les délais : la constitution des dossiers de financement nécessite plusieurs semaines, parfois plusieurs mois.
  • Cumulez les sources : il est souvent possible d’articuler différents dispositifs (CPF + aide régionale + Pôle emploi, etc.), notamment en cas de coût élevé ou de longue durée d’études.
  • N’hésitez pas à vous faire accompagner : CEP (Conseil en Évolution Professionnelle), Missions Locales, associations, conseillers en formation ou organismes d’orientation professionnelle sont là pour faciliter vos démarches.

Témoignages : ils ont franchi le pas de la reprise et obtenu un financement


« Après 15 ans comme assistante commerciale, j’ai pu financer mon BTS Comptabilité en mobilisant mon CPF, puis une aide régionale pour compléter, car il restait un reste à charge. J’ai aussi bénéficié d’un accompagnement CEP qui m’a aidée à monter le dossier, et à comprendre les étapes. » — Sophie, 41 ans

« Je pensais impossible de retourner à l’université, mais avec Pôle emploi nous avons monté un projet de reprise d’études en licence informatique. Une AIF a couvert la quasi-totalité des frais, et l’université m’a exonéré du reste car j’étais en recherche d’emploi. » — David, 33 ans

À retenir pour financer sa reprise d’études à l’âge adulte


  • Mobiliser son CPF est souvent la première étape ; d'autres dispositifs peuvent venir en complément.
  • Ne pas hésiter à croiser plusieurs financements : aides régionales, AIF, bourses ciblées ?
  • La reprise d’études n’est pas réservée aux salariés en poste : demandeurs d’emploi, indépendants, agents publics y ont accès aussi.
  • Se renseigner tôt : chaque financeur a ses conditions, ses échéances et ses exigences de dossier.
  • Les Conseillers en Évolution Professionnelle et les organismes d’accompagnement sont précieux pour sécuriser son parcours.

En résumé, plusieurs dispositifs raisonnés, cumulables et adaptés à chaque situation ouvrent la voie de la formation tout au long de la vie. Prendre le temps d’identifier les bons contacts, de préparer ses arguments et de structurer son projet augmente fortement les chances de concrétiser ses ambitions – sans compromettre son équilibre financier.

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