Apprendre une langue, c’est aussi découvrir une culture
Bien au-delà de la simple maîtrise de la grammaire ou du vocabulaire, l’apprentissage d’une langue étrangère plonge l’apprenant dans un nouvel univers culturel. Chaque langue véhicule des valeurs, des modes de pensée et des façons d’interagir qui reflètent la société dont elle est issue. Mieux comprendre ces différences culturelles, c’est progresser plus vite mais aussi éviter certains malentendus et enrichir sa vision du monde. Zoom sur tout ce qu’il faut savoir pour aborder sa nouvelle langue avec ouverture, curiosité et efficacité.
Pourquoi la culture influence-t-elle autant l’apprentissage des langues ?
Communiquer, ce n’est pas seulement aligner des mots : c’est adopter les codes sociaux, implicites ou explicites, qui régissent les échanges dans un groupe. Ainsi, l’apprentissage d’une langue est souvent indissociable d’un « choc culturel » dont il faut avoir conscience pour avancer pleinement.
- Des façons de penser différentes : La structure d’une phrase, l’humour ou la manière d’argumenter sont profondément culturelles. Un Français appréciera le débat d’idées, l’Américain valorisera l’encouragement, un Japonais cultivera la retenue ou la politesse.
- Des pratiques sociales propres : Saluer, remercier, refuser ou demander sont codifiés différemment selon la langue. Ce qui est courtois ici peut être interprété comme agressif ou trop familier ailleurs.
- L’apprentissage lui-même est culturel : Certains pays privilégient la répétition et l’écrit, d’autres insistent sur l’oral ou le jeu de rôle. Les méthodes pédagogiques reflètent elles aussi une vision du monde.
Repérer les différences culturelles majeures dans l’apprentissage
Quels sont les aspects les plus marquants qui peuvent surprendre l’apprenant ? Voici quelques grands thèmes à explorer au début de tout parcours linguistique.
1. Les règles de politesse et de hiérarchie
Le vouvoiement et le tutoiement en français, l’usage de plusieurs niveaux de langue en japonais ou en coréen, la distance sociale à respecter au Brésil ou en Allemagne : chaque culture possède ses propres balises pour initier, mener ou terminer une conversation.
- Bien les comprendre dès le début permet d’éviter les maladresses — comme utiliser le prénom d’une personne d’autorité dans une culture où cela ne se fait pas, ou tutoyer trop tôt un collègue à l’international.
2. Le rapport à l’erreur et à l’émotion
Dans beaucoup de sociétés (France, Japon…), « faire des erreurs » dans la langue peut être vécu avec anxiété. Dans d’autres (Canada, États-Unis, Scandinavie), l’erreur est perçue comme une étape normale vers la progression.
- S’autoriser à se tromper ! Les méthodes « anglo-saxonnes » encouragent la prise de parole, l’expérimentation et la bienveillance entre apprenants. Modéliser ces approches aide à lever les blocages liés à la peur du regard social.
3. L’importance de l’implicite et du contexte
Les pays d’Asie (Chine, Japon, Corée…) sont réputés pour un mode de communication très contextuel : beaucoup d’informations sont « devinées » plutôt que dites. À l’inverse, les cultures nord-américaines ou germaniques expriment plus directement leurs attentes ou leurs avis.
- Savoir lire entre les lignes peut transformer votre compréhension de la langue et éviter de passer à côté du vrai sens d’un message ou d’une consigne.
4. Les références, proverbes et humour
Chaque langue regorge d’expressions idiomatiques, de blagues et de références culturelles (cinéma, littérature, actualité, gestes) qui ne se traduisent pas toujours littéralement.
- Décoder les allusions culturelles permet non seulement de saisir l’ambiance d’un échange mais aussi de mieux s’intégrer à un groupe de natifs.
L’impact des différences culturelles sur la motivation et les méthodes
Selon son propre parcours et ses attentes, un apprenant pourra être fasciné ou, à l’inverse, dérouté par la culture cible. Voici comment tirer parti de cette diversité.
- Explorer les éléments qui vous plaisent : Que ce soit la gastronomie, la musique, le sport ou la façon de voir le monde, chaque passion peut devenir une motivation pour apprendre plus facilement. S’immerger dans des films, des podcasts, des livres en version originale accélère l’acquisition de la langue, mais aussi l’appropriation de ses usages culturels.
- Accepter les décalages : Certaines coutumes ou expressions peuvent sembler étranges… Garder un esprit ouvert et relativiser ses jugements est la meilleure façon de profiter de la richesse interculturelle. Un mot-clé : la curiosité !
- Adapter ses méthodes : Nos habitudes d’école ou d’université ne sont pas universelles. Il peut être utile de tester des approches différentes : tandem linguistique, discussions informelles, immersion en ligne, ateliers de théâtre ou d’improvisation, etc.
Cas pratiques : exemples de chocs culturels fréquents dans l’apprentissage
- L’humour anglais : souvent basé sur le second degré ou l’auto-dérision, il peut désarçonner les apprenants habitués à un style plus direct ou factuel. Oser rire de soi, faire de l’humour un atout, c’est aussi apprendre à « penser anglais ».
- La ponctualité allemande : en Allemagne, ne pas arriver à l’heure est mal vu, même pour des rendez-vous informels. Cette exigence sociale se ressent dans la langue (importance des formules de politesse, des titres, etc.).
- La communication indirecte au Japon : refuser frontalement est impoli, on utilise des tournures atténuées, des silences ou des gestes. Percevoir ces nuances est fondamental pour éviter les impairs.
- La convivialité latino-américaine : la distance physique est plus faible, les compliments sont plus directs, les conversations peuvent débuter par des questions personnelles qui surprendront des Européens du Nord, par exemple.
Astuces pour aborder sereinement les différences culturelles
- S’informer sur la culture cible : Avant un échange, une immersion ou même un cours avec un professeur natif, lisez sur la société, les habitudes et les tabous. Guide de voyage, blogs, forums et témoignages d’apprenants sont des ressources précieuses.
- Dédramatiser les incompréhensions : Un malentendu est normal : osez poser des questions, demandez une clarification ou expliquez que vous apprenez encore. L’humilité séduit la plupart des interlocuteurs.
- Multiplier les contacts humains : Participez à des rencontres linguistiques, échanges ou visioconférences pour découvrir différentes façons de s’exprimer et affiner votre compréhension de la culture réelle… souvent différente des livres !
- Noter les mots et gestes « culturels » : Constituez un carnet d’expressions idiomatiques, de proverbes, d’usages ou de mimiques et entraînez-vous à les replacer dans la conversation.
Intégrer la dimension interculturelle dans son parcours linguistique
Loin d’être un obstacle, la pluralité des codes sociaux et linguistiques est le meilleur tremplin vers une maîtrise authentique de la langue. Voici quelques pistes concrètes pour progresser :
- S’essayer à la traduction « culturelle » : Essayez de restituer le sens global (l’intention, la politesse implicite, l’émotion) et pas seulement les mots.
- Faire du « tandem culturel » : Proposez à un natif d’échanger non seulement sur la langue, mais sur les différences d’habitudes, de gestes ou de tonalités. Cela enrichira vos deux horizons !
- Tester ses acquis en contexte réel : Que ce soit lors d’un voyage, d’un stage ou d’une réunion à distance, observez les réactions et ajustez vos pratiques pour gagner en finesse interculturelle.
Témoignages : quand la culture transforme le parcours d’apprentissage
« En Espagne, j’ai compris que prendre le temps de discuter avant de parler travail est une marque de respect. Au début, je trouvais ces “petites conversations” inutiles, maintenant j’y vois une vraie richesse. » — Julie, apprentie en mobilité.
« J’ai longtemps hésité à prendre la parole en anglais, faute de tout conjuguer correctement. Mais j’ai vu que mes collègues américains privilégiaient l’idée, même imparfaite, à la forme… Ça m’a libéré. » — Mehdi, ingénieur logiciel.
À retenir pour réussir son apprentissage en contexte interculturel
- Intégrer l’observation culturelle à chaque étape de l’apprentissage.
- Varier les sources d’information pour aller au-delà des manuels : séries, podcasts, discussions, journaux locaux…
- Rester bienveillant avec soi-même et les autres face aux maladresses inévitables.
- Oser questionner et solliciter le vécu des natifs pour affiner sa compréhension de la langue… et du monde !
Au final, apprendre une langue, c’est s’offrir une double clé : celle de la communication et celle de la découverte interculturelle. Adopter cette posture d’explorateur, c’est donner du sens à chaque nouvelle expression, chaque style de conversation – et pourquoi pas, se laisser transformer en profondeur.
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