Financer sa formation

Jeunes actifs : quelles aides pour financer sa montée en compétences ?

Par Maxime
5 minutes

Début de carrière : investir sur soi pour booster ses compétences

S’engager dans la vie active ne signifie pas cesser d’apprendre. Pour beaucoup de jeunes actifs, l’enjeu aujourd’hui est de continuer à se former afin d’évoluer dans leur entreprise, développer leur employabilité ou préparer une reconversion. Heureusement, de nombreux dispositifs permettent de rendre ces formations plus accessibles financièrement, à condition de bien les connaître.

Pourquoi miser sur la montée en compétences ?

Le monde du travail évolue rapidement : digitalisation, nouvelles réglementations, métiers émergents... Les compétences acquises peu après le bac ou lors d’un premier emploi ne suffisent bientôt plus. Se former tout au long de sa vie, c’est garder un temps d’avance, sécuriser son avenir professionnel et pouvoir saisir des opportunités internes ou externes. Que ce soit pour évoluer dans une entreprise, changer de secteur ou acquérir un titre reconnu, la formation continue s’impose comme le levier incontournable de progression.

Point de départ : le CPF, allié formation de tous les actifs

Le Compte Personnel de Formation (CPF) constitue la pierre angulaire du financement de la formation individuelle en France. Chaque actif, dès son entrée dans la vie professionnelle, qu’il soit en CDI, CDD ou même demandeur d’emploi, cumule automatiquement des droits en euros sur son compte personnel. Ces droits sont ensuite mobilisables pour financer tout ou partie de nombreux cursus certifiants ou qualifiants.

  • Montant crédité : chaque année, jusqu’à 500 € (voire 800 € pour les moins qualifiés) sont crédités aux actifs, dans la limite d’un plafond de 5 000 à 8 000 €.
  • Quelles formations ? Langues, logiciels, permis de conduire, certifications, titres RNCP, VAE, bilan de compétences, etc.
  • Comment utiliser son CPF ? Tout se fait depuis la plateforme officielle MonCompteFormation.gouv.fr, sans passer par l’employeur.

Bon à savoir : il est possible de "co-construire" un projet avec son entreprise, en abondant le CPF grâce aux versements employeurs.

Formations en entreprise : dispositifs internes et entretien professionnel

Au sein de l’entreprise, la loi oblige les employeurs à garantir l’accès à la formation. Deux temps forts :

  • L’entretien professionnel : tous les deux ans, il vise à faire le point sur les projets d’évolution et besoins en formation, avec le DRH ou le manager.
  • Le plan de développement des compétences (ex-plan de formation) : il regroupe toutes les actions décidées par l'entreprise pour ses salariés, intégralement financées par l’employeur.

Vous pouvez suggérer une action de formation lors de cet entretien, ou solliciter votre manager pour intégrer une session du plan de développement. C’est une excellente manière de se spécialiser ou de découvrir un nouvel outil directement lié à votre poste.

Alternance et apprentissage : se former en travaillant

On pense souvent que l’alternance est réservée aux étudiants. En réalité, le dispositif s’est ouvert aux jeunes actifs jusqu’à 29 ans (voire plus en reconversion). Le contrat de professionnalisation ou d’apprentissage permet :

  • de poursuivre un diplôme ou certification tout en étant rémunéré,
  • d’acquérir une précieuse expérience professionnelle pendant la formation,
  • et d’obtenir la prise en charge intégrale des frais de cursus par un opérateur de compétences (OPCO).

Une option très pertinente pour ceux qui souhaitent monter en compétences sans avancer de frais.

Jeune diplômé ou premier emploi : penser à l’AIF (Aide Individuelle à la Formation)

Pour les jeunes actifs en recherche d’emploi ou en situation de précarité, Pôle emploi propose l’Aide Individuelle à la Formation (AIF) afin de compléter le financement d’une formation orientée vers le retour à l’emploi.

  • Pour qui ? Toute personne inscrite à Pôle emploi ayant un projet validé avec son conseiller.
  • Pour quoi ? Financer des formations professionnelles en complément du CPF ou d’autres dispositifs, notamment pour des métiers en tension.
  • Comment faire ? Construire un dossier avec son conseiller Pôle emploi et obtenir une validation.

Mobiliser l’abondement des Régions et dispositifs locaux

De nombreuses Régions et collectivités financent régulièrement des dispositifs d’appui pour la formation des jeunes actifs, parfois sous forme de « chèques formation » ou « Aides individuelles régionales à la formation ».

  • L’aide peut couvrir une partie du coût d’une formation certifiante ou d’une VAE.
  • Elle est souvent cumulable avec le CPF et d’autres financements.
  • Pour connaître les aides disponibles : le site de votre Région (ex : iledefrance.fr, grandest.fr, etc.) et la plateforme nationale www.annuaire-formation.fr.

Salarié du secteur privé : découvrir le Projet de Transition Professionnelle (PTP)

Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) remplace l’ancien CIF (Congé Individuel de Formation) et permet de s’absenter ponctuellement de son poste pour suivre une formation longue, en conservant son contrat de travail et une partie de son salaire.

  • Pour qui ? Salariés en CDI ou CDD, justifiant d’une ancienneté minimale (généralement 2 ans), souhaitant se réorienter ou se spécialiser.
  • Comment ? La demande se fait auprès de l’employeur, puis auprès du dispositif Transitions Pro de sa région.
  • Quel financement ? Prise en charge partielle ou totale des frais de formation, plus maintien de la rémunération jusqu’à 100 % selon le cas.

Un tremplin puissant pour changer de voie ou viser un titre supérieur.

Bourses, aides sectorielles et fonds mutualisés

Certains secteurs d’activité, branches professionnelles ou grandes entreprises prévoient également leurs propres dispositifs de soutien financier. Quelques exemples :

  • Bourses jeunes diplômés dans des filières rares (numérique, santé, industrie verte).
  • Fonds mutualisés de branches (comme Uniformation pour l’économie sociale, l’AFDAS pour la culture, Atlas pour la finance/informatique).
  • Aides à la certification pour l’obtention de titres étrangers, de TOEIC, de certifications en cybersécurité ou en gestion de projet (PMI, Prince2…).

L’OPCO de votre branche peut vous renseigner sur les prises en charge dédiées à votre secteur.

Astuce : cumuler plusieurs dispositifs

Saviez-vous que la plupart de ces aides sont cumulables ? Un jeune actif peut ainsi mobiliser son CPF, solliciter un abondement régional, activer une aide Pôle emploi et même obtenir une aide de son OPCO ou de son employeur pour financer une formation coûteuse. La clé : anticiper ses démarches et monter un dossier solide.

Description de parcours : témoignage

« Après deux ans en CDI, j’ai voulu évoluer vers le management d’équipe sans repartir en école à plein temps. J’ai d’abord mobilisé mon CPF pour financer un premier module en gestion de projet, puis j’ai obtenu un complément de l’OPCO de mon entreprise pour une certification complémentaire. C’est la RH qui m’a orienté vers la Région pour un chèque formation sur la communication. Au total, j’ai pu suivre trois formations en moins de 18 mois sans rien débourser, et j’ai été promu chef d’équipe fin d’année ! »

– Nawel, 26 ans, Lille

Bons réflexes pour optimiser son financement formation

  • Créer son compte CPF et vérifier ses droits dès la prise de poste.
  • Contourner les arnaques CPF : ne jamais transmettre ses codes ou signer un dossier sous la pression.
  • Échanger avec le service RH ou un conseiller de formation sur ses projets, même si ceux-ci vont au-delà du poste actuel.
  • Se renseigner sur les abondements (employeur, OPCO, Région) pour maximiser le budget disponible.
  • S’intéresser à la certification de la formation (label RNCP, Qualiopi), nécessaire pour la prise en charge.
  • Penser à l’alternance, même en poste, pour les cursus longs ou les reconversions.

En résumé : la montée en compétences, abordable à tous

  • Tous les jeunes actifs bénéficient d’aides publiques ou sectorielles pour financer leur formation.
  • Le CPF demeure le point d’entrée central pour monter en compétence.
  • L’alternance, les abondements employeurs, les aides régionales, l’AIF ou le PTP complètent l’arsenal, que l’on soit en emploi ou entre deux postes.
  • Pour optimiser son parcours, il ne faut pas hésiter à cumuler les dispositifs, à se faire accompagner et à anticiper ses besoins de formation.
  • L’investissement formation d’aujourd’hui fera la différence demain, sur le terrain comme sur son CV !

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